On se dit souvent que notre fatigue vient de nos journées trop pleines. En réalité, elle vient aussi de ce que l’on ne voit pas : cette connexion permanente, cette attention morcelée et ce bruit mental constant. Parisienne active, j’ai compris que se déconnecter des réseaux sociaux n’était pas fuir le monde, mais revenir à soi physiquement autant que mentalement.
Se déconnecter pour récupérer : un enjeu devenu mental autant que physique

Intro
Pourquoi se déconnecter des réseaux sociaux fatigue-t-il autant le mental ?
La fatigue provoquée par les réseaux ne s’impose pas brutalement, elle s’installe à bas bruit. Elle ne cloue pas au lit, mais elle émousse la présence.
L’esprit saute d’une chose à l’autre, le silence devient inconfortable, l’attention se disperse avant même de s’en rendre compte. Je m’en suis aperçue le jour où lire quelques pages sans attraper mon téléphone est devenu étonnamment difficile.
Les réseaux ne nous épuisent pas par excès d’émotion, mais par sollicitation continue. Le cerveau est constamment invité à réagir, évaluer, comparer, sans jamais clôturer.
Cette stimulation fragmentée maintient une tension intérieure discrète, mais persistante, comme un fond sonore mental qui ne s’éteint jamais vraiment.
En diminuant cette exposition, j’ai retrouvé une forme de continuité intérieure. J’avais enfin la possibilité de :
· Suivre une pensée jusqu’au bout
· Rester avec une sensation sans l’interrompre
· Écouter sans préparer la suite.
La charge mentale n’avait pas disparu, mais elle avait cessé d’être morcelée. C’est là que le repos a réellement commencé.
En quoi la déconnexion est-elle aussi une récupération physique ?
On sous-estime à quel point le corps encaisse cette hyperconnexion. J’ai remarqué que mes épaules se relâchaient quand mon téléphone restait loin. Que mon souffle devenait plus ample en soirée, sans écran.
Le corps répond immédiatement à l’apaisement du mental.
Les écrans maintiennent un état de tension bas grade : mâchoire serrée, respiration haute ou sommeil plus léger. Même sans stress conscient, le système nerveux reste stimulé.
Se déconnecter du numérique, ce n’est pas juste « faire une pause », c’est vraiment permettre au corps de repasser en mode récupération.
Après quelques semaines sans réseaux le soir, j’ai dormi plus profondément. J’avais moins de réveils nocturnes. Une sensation de repos réel, pas seulement de fatigue oubliée. Le corps avait enfin l’espace pour réparer.
Comment se déconnecter sans culpabiliser ni disparaître ?
La peur principale, surtout à Paris, c’est celle de disparaître. Professionnellement, socialement ou encore symboliquement. Je l’ai ressentie. Mais la déconnexion n’est pas un retrait brutal, c’est un ajustement conscient.
J’ai commencé par des gestes simples : pas de réseaux avant 10h, aucun écran dans la chambre, un jour par semaine sans scroll. Ce cadre m’a rassurée. Il ne s’agissait pas de contrôle, mais de reprise de souveraineté mentale.
Très vite, j’ai senti un regain de clarté. Plus de temps, mais surtout plus de présence. Les conversations devenaient plus profondes. Les idées plus structurées.
La déconnexion crée de l’espace intérieur, et cet espace devient fertile.
Pourquoi les femmes de 30 à 50 ans sont-elles particulièrement concernées ?
À cet âge, beaucoup de femmes portent plusieurs vies en une : travail, relations, charge émotionnelle, projection constante, etc.
Les réseaux s’ajoutent à cela comme une couche invisible de comparaison et d’exigence. Être inspirante, informée, réactive et toujours disponible.
Se libérer des réseaux sociaux, même partiellement, permet de redescendre dans une temporalité plus humaine. J’ai vu me concernant, et chez d’autres femmes autour de moi, un retour du discernement. Moins de bruit extérieur, plus d’écoute intérieure.
La déconnexion n’appauvrit pas. Elle affine. Elle rend plus sélective, plus lucide, plus ancrée. Et paradoxalement, plus connectée à ce qui compte vraiment.

« Se déconnecter, ce n’est pas s’éloigner du monde. C’est arrêter de s’en éloigner soi-même. »

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