Chaque année, janvier revient avec la même promesse silencieuse : « repartir de zéro ». Et chaque année, je constate à quel point le rapport au corps devient plus fragile, plus dur, presque hostile. Après les fêtes, le miroir semble plus sévère, l’esprit plus exigeant. À Paris, cette période agit comme une loupe sur nos doutes corporels et notre relation au poids.
Pourquoi janvier est le mois le plus difficile pour le rapport au corps ?

Intro
Pourquoi le rapport au corps est-il plus difficile en janvier ?
Janvier n’est pas qu’un mois froid. C’est un mois de transition brutale. Le corps sort d’un rythme festif, irrégulier et souvent plus riche. L’esprit, de son côté, réclame soudain ordre, contrôle et correction. Cette dissonance crée une tension réelle.
Je me souviens d’un matin, métro Ligne 9, manteaux serrés et regards fermés. Autour de moi, des femmes comme moi, déjà fatiguées alors que l’année commence à peine. Le corps, lui, n’a pas encore intégré ce changement de cadence. Résultat ? On le juge trop lent, trop lourd, pas assez « prêt ».
Ce décalage nourrit une charge mentale invisible. Le corps devient un projet à réparer plutôt qu’un espace à habiter. Ce n’est pas une faiblesse personnelle. Il s’agit plutôt d’un phénomène fréquent lié au rythme biologique, au manque de lumière et à la pression implicite du « nouveau départ ».
En quoi janvier influence-t-il le poids et l’estime corporelle ?
Le poids, en janvier, devient souvent un symbole. Pas seulement une réalité physique, mais un indicateur moral.
On croit lire dans la balance ce que l’on « vaut » après les excès. Or, biologiquement, le corps retient davantage : moins de lumière, plus de stress et un sommeil parfois perturbé. Rien d’anormal.
Ce qui pèse le plus, ce n’est pas le chiffre, mais l’interprétation. J’ai longtemps confondu variation de poids et perte de contrôle. Jusqu’à comprendre que le corps ne fonctionne pas sur un calendrier social. Il suit des cycles, des ajustements lents.
Quand on associe minceur et mérite, on fragilise l’estime de soi. Le regard devient dur, parfois violent. Apaiser le rapport au poids en janvier, c’est accepter que le corps ne se « corrige » pas, il s’accompagne.
Cette nuance change profondément la relation à soi.
Pourquoi la fatigue mentale accentue-t-elle les tensions avec le corps ?
Janvier épuise le mental avant même qu’on s’en rende compte. Reprise du travail, agendas pleins, objectifs implicites… Le cerveau cherche de la maîtrise. Et le corps devient le terrain le plus accessible pour l’exercer.
Je l’ai vécu ! Vouloir « mieux manger », « mieux bouger », alors que je manquais surtout de repos. Quand l’esprit est fatigué, il tolère mal l’imperfection corporelle. Chaque sensation devient suspecte : ventre tendu, jambes lourdes, énergie basse, etc.
La thérapie cognitive aide à comprendre ce mécanisme. Ce n’est pas le corps qui pose problème, mais l’interprétation qu’on en fait sous stress.
Réduire la pression mentale, même légèrement, adoucit presque automatiquement le rapport au corps. Le calme intérieur change la perception physique.
Comment traverser janvier sans abîmer son rapport au corps ?
La première étape, contre-intuitive, est de ralentir. Pas de transformer janvier en mois de performance. Mais en période d’écoute.
Personnellement, j’ai remplacé les injonctions par des micro-attentions : marcher sans objectif, manger chaud ou encore dormir plus tôt.
Ce qui aide vraiment, c’est de redonner au corps une fonction de soutien, pas de jugement. Le considérer comme un allié fatigué, pas comme un problème à résoudre. En ville, où tout pousse à l’optimisation, ce choix est presque un acte de douceur.
Cultiver un rapport au corps apaisé, c’est accepter janvier tel qu’il est : un mois lent, intérieur et imparfait. C’est souvent ainsi quele poids et l’équilibre émotionnel se régulent naturellement.

« Le corps n’a pas besoin d’être corrigé en janvier. Il a besoin d’être écouté. »

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