Au début, je pensais que ma fatigue venait de mon âge, de Paris ou d’un agenda trop rempli. Jusqu’au jour où j’ai coupé les notifications pendant une semaine. Pas pour « déconnecter », mais pour observer. Ce que j’ai compris, c’est que le numérique et la fatigue du corps sont intimement liés, bien au-delà d’une simple sensation mentale.
Notifications, attention, fatigue : ce que le numérique fait au corps

Intro
Pourquoi les notifications fatiguent-elles autant le corps ?
Un matin, assise dans un café du 9e, j’ai compté : 14 interruptions en moins d’une heure. Messages, mails, alertes. À chaque notification, mon corps réagissait avant moi. Les épaules qui se contractent, la respiration qui se raccourcit, un micro-sursaut presque imperceptible.
Ce que j’ai appris ensuite, en lisant des travaux sur l’attention, m’a frappée. Le corps ne fait pas la différence entre une alerte numérique et un signal de vigilance réel.
Chaque notification active un état d’alerte physiologique. Le cœur accélère légèrement et le système nerveux se tend. Répété des dizaines de fois par jour, cela crée une fatigue nerveuse chronique, même sans stress conscient.
Ce n’est pas le contenu qui épuise, mais la fragmentation permanente de l’attention. Le corps, lui, reste en veille constante.
Résultat ? Une sensation de tension diffuse, une fatigue qui ne disparaît pas avec le sommeil, et cette impression étrange d’être toujours « un peu trop pleine ».
Comment le numérique dérègle-t-il notre attention sans qu’on s’en rende compte ?
Je m’en suis rendu compte un soir, en essayant de lire. Impossible de dépasser trois pages. Pas par manque d’envie, mais parce que mon attention « glissait ».
Le numérique entraîne une hyper-sollicitation cognitive, où le cerveau apprend à zapper plutôt qu’à s’installer.
Mais ce dérèglement ne reste pas dans la tête. Il s’inscrit dans le corps. Quand l’attention est sans cesse interrompue, le système nerveux ne trouve plus de rythme stable.
On passe d’un micro-sujet à l’autre, sans temps d’intégration. Le corps, privé de continuité, reste en tension basse permanente.
Chez beaucoup de Parisiennes que je côtoie, cela se traduit par des maux très concrets : fatigue oculaire, nuque raide, digestion plus lente ou sommeil moins profond.
Ce n’est pas une fragilité personnelle. C’est un effet direct de notre environnement numérique, pensé pour capter, pas pour respecter nos cycles biologiques.
La fatigue numérique est-elle seulement mentale ?
J’ai longtemps cru que « lever le pied » suffisait. Puis j’ai réalisé que même sans stress, mon corps était épuisé.
La fatigue numérique est aussi corporelle, car elle agit sur les hormones du stress. Chaque interruption stimule le cortisol, même à faible dose. Accumulé, il empêche le corps de passer en mode récupération.
C’est pour cela que certaines journées semblent lourdes sans raison apparente. Le corps n’a jamais vraiment atterri. Même au repos, il reste stimulé. Le soir, on est vidée, mais incapable de se détendre complètement.
Ce que j’ai trouvé rassurant, c’est de comprendre que cette fatigue n’est pas irréversible.
Le corps retrouve vite ses repères quand on lui redonne des espaces sans sollicitation, même courts. Dix minutes sans écran, mais sans attente non plus. Juste un moment où rien n’appelle l’attention.
Comment réduire la fatigue du corps sans quitter le numérique ?
Je vis à Paris, je travaille avec des outils numériques et je n’ai aucune envie de tout couper. La clé n’est pas la rupture, mais la rééducation de l’attention.
J’ai commencé par des gestes simples : notifications regroupées, téléphone loin du lit, temps sans écran après 21 h, etc.
Mais surtout, j’ai appris à écouter les signaux corporels. Quand les épaules montent, quand la respiration devient courte, ce n’est pas « normal ». C’est un message.
Intégrer des pratiques comme la digital detox douce, la respiration consciente ou des moments tech-free permet au système nerveux de redescendre.
Ce qui change tout, c’est de ne plus voir la déconnexion comme une contrainte, mais comme un soin du corps. Le numérique peut rester un outil, à condition de ne plus laisser son rythme s’imposer au nôtre.

« Ce n’est pas le silence qui fait peur, c’est ce qu’on entend quand il revient. »

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