La pratique du yoga fait souvent rêver : un corps plus souple, un esprit plus calme et une présence à soi retrouvée. Pourtant, revenir sur le tapis devient un défi. J’ai vite compris que le vrai enjeu n’était pas la motivation, mais la façon dont on pense, et accepte, sa pratique.
« Le plus dur, ce n’est pas la séance, c’est d’y revenir » : comment tenir une pratique ?

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Pourquoi abandonne-t-on sa pratique du yoga quand le temps manque ?
On croit souvent que l’abandon vient d’un manque de discipline. En réalité, il vient d’un écart trop grand entre la pratique idéalisée et la pratique réelle. On s’imagine des séances longues, profondes, parfaitement alignées.
Puis la vie s’invite : réunions tardives, transports, enfants, fatigue nerveuse. Résultat ? Soit on fait « tout », soit on ne fait rien.
À Paris, où le temps est compté et l’offre de cours de yoga abondante, cette pression est encore plus forte. On compare, on culpabilise, on repousse.
J’ai longtemps cru que pratiquer moins signifiait régresser. C’est faux. Le corps ne fonctionne pas comme un compteur de performances. Il fonctionne par rappel, par régularité douce, même imparfaite.
Abandonner, ce n’est pas manquer de volonté. C’est souvent rester prisonnière d’une image trop exigeante du yoga. Une image qui ne laisse aucune place aux semaines bancales, aux séances écourtées et aux pratiques silencieuses.
Or le yoga, dans son essence, s’adapte. C’est notre regard sur la pratique qui est souvent trop rigide.
La pratique du yoga doit-elle être régulière pour être bénéfique ?
La réponse mérite mieux qu’un simple « oui ». Une pratique régulière ne signifie pas fréquente ni intense. Elle signifie être répétée dans le temps, même sous des formes différentes.
Le système nerveux, la mobilité articulaire, la respiration profonde répondent davantage à la constance qu’à l’effort ponctuel.
Dix minutes de yoga doux, une fois ou deux par semaine, ont plus d’impact qu’une séance héroïque par mois. Le corps reconnaît ce qu’on lui propose régulièrement. Il s’ouvre plus vite, résiste moins. L’esprit aussi.
Ce n’est pas une question de volonté, mais de sécurité intérieure. Revenir sur le tapis doit être perçu comme un refuge, pas comme une exigence supplémentaire.
Au fur et à mesure, j’ai compris que ma pratique évoluait avec mes saisons de vie. Certaines périodes appellent un yoga dynamique, d’autres un travail de mobilité, de respiration ou simplement de présence.
La régularité, ce n’est pas répéter la même séance. C’est revenir à l’écoute, encore et encore.
Comment faire du yoga quand on manque vraiment de temps ?
La clé n’est pas d’ajouter le yoga à un agenda déjà saturé, mais de changer sa définition de pratiquer.
Pratiquer, ce n’est pas forcément un tapis, une heure et une tenue parfaite. C’est parfois :
· Respirer consciemment entre deux rendez-vous.
· Choisir un format court, accessible, proche de chez soi ou du travail.
· Accepter que certaines semaines soient minimalistes.
À Paris, les formats évoluent : séances courtes, pratiques individuelles, studios ouverts tôt ou tard. Ces options ne « dénaturent » pas le yoga. Elles le rendent vivant.
Une pratique de yoga réaliste s’inscrit dans le quotidien tel qu’il est, pas tel qu’on voudrait qu’il soit.
Ce qui change tout, c’est l’intention. Ne plus se demander : « Ai-je assez pratiqué ? », mais plutôt : « Suis-je restée en lien avec mon corps ? ».
Le yoga n’est pas une discipline à réussir, mais un espace à fréquenter. Même brièvement, même imparfaitement.

« Le yoga commence le jour où l’on cesse d’attendre d’avoir le temps pour s’écouter. »

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