January 30, 2026

« Je dors, mais je ne récupère pas » : une fatigue devenue banale en ville

Dormir sans se reposer est devenu un refrain discret pour beaucoup de Parisiennes.
BOOK A SESSION

Intro

Je me réveille souvent avec cette impression étrange. J’ai dormi, mais mon corps n’en a pas profité. Le sommeil non réparateur est devenu presque banal en ville, surtout chez les femmes actives. Cette fatigue banalisée n’est pas une faiblesse. C’est une fatigue sourde, continue, qui raconte autre chose.

Pourquoi je me sens fatiguée même après une nuit complète ?

Parce que dormir n’est pas forcément récupérer.

 

J’ai longtemps cru que mes 7 heures suffisaient. Pourtant, en me penchant sur la physiologie du sommeil, j’ai compris que tout se joue dans sa qualité, pas seulement sa durée.

 

En ville, notre système nerveux reste souvent en vigilance élevée, même la nuit. Bruits diffus, lumière artificielle, notifications tardives, mais aussi charge mentale persistante… Le cerveau ne descend jamais vraiment.

 

Une amie, cadre dans la finance, me disait : « Je dors comme une pierre, mais je me réveille lourde. » En réalité, elle passait peu de temps en sommeil profond, cette phase importante où le corps se régénère.

 

Le stress chronique, même discret, fragmente ces cycles. On dort, oui, mais en surface. Résultat ? Muscles peu relâchés, hormones de récupération en berne et sensation de fatigue au réveil.

 

Ce n’est pas dans la tête, c’est dans le système nerveux.

Le stress urbain peut-il vraiment empêcher de récupérer ?

Oui, et plus qu’on ne l’imagine. Le stress urbain n’est pas toujours spectaculaire. Il est diffus, constant, presque normalisé.

 

Métro bondé, pression professionnelle, hyperconnexion, responsabilités familiales… Le corps s’adapte, mais il ne récupère plus vraiment. J’ai mis du temps à comprendre que cette fatigue n’était pas un manque de volonté, mais un déséquilibre du rythme biologique.

 

Chez beaucoup de femmes que je rencontre, le cortisol (l’hormone de l’éveil) reste élevé le soir. Le résultat ? Endormissement possible, mais sommeil agité, micro-réveils, rêves intenses, etc.

 

Une amie parisienne m’a dit un jour : « Je me repose quand je pars en province, pas quand je dors. » Ce décalage est révélateur. Le corps associe la ville à la tension.

 

Tant que le système nerveux n’est pas rassuré, le sommeil reste incomplet, même avec un bon matelas et des tisanes.

Comment reconnaître un sommeil non réparateur sans examens médicaux ?

Le corps parle très clairement, encore faut-il l’écouter.

 

Le premier signe, c’est le réveil difficile malgré des horaires réguliers. Puis viennent les coups de fatigue en fin de matinée, les envies de sucre, la concentration en dents de scie.

 

Chez certaines, l’irritabilité ou une hypersensibilité émotionnelle s’installent. Ce ne sont pas des faiblesses, mais des signaux.

 

Personnellement, j’ai remarqué que mes jambes restaient lourdes le matin, comme si la nuit n’avait pas fait son travail. Une autre femme me confiait ressentir une fatigue mentale dès le premier mail.

 

Ces indices indiquent souvent un manque de sommeil profond ou une récupération nerveuse insuffisante. Avant de penser pathologie, il est utile d’observer ses rythmes, ses soirées et sa capacité réelle à décrocher.

 

Le corps donne des réponses fines, bien avant les bilans.

Que peut-on changer concrètement pour mieux récupérer en ville ?

Pas besoin de tout bouleverser. J’ai appris que ce sont souvent de petits ajustements cohérents qui font la différence.

 

D’abord, recréez une transition le soir. Le corps a besoin de comprendre que la journée se termine : lumière plus douce, écrans éloignés et respiration lente.

 

Ensuite, soutenez le système nerveux : marche lente, étirements doux, chaleur (bain, douche tiède prolongée).

 

J’ai testé pendant plusieurs semaines une routine simple : dîner plus tôt, silence numérique après 21 h et respiration allongée 5 minutes avant de dormir.

 

Les réveils ont changé. Pas magiquement, mais progressivement. Certaines trouvent aussi un vrai soutien dans le yoga doux, la cohérence cardiaque, ou des plantes adaptées, toujours avec discernement.

 

En ville, bien dormir demande moins de contrôle et plus de sécurité intérieure.

« Ce n’est pas le nombre d’heures passées au lit qui fatigue, c’est l’absence de vrai relâchement. »